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Exposition Temporaire

Exposition "Le monde des vainqueurs" d'Ignasi Prat

MUME, du 7 juillet au 29 novembre 2017

Vernissage: Vendredi, 7 juillet  2017 à 19h


 

Commissariat: Àlex Brahim


Le monde des vainqueurs

Salon de l’exil

À partir de l’inquiétude suscitée par le roman Mala gente que camina de Benjamin Prado (Alfaguara, 2006), Ignasi Prat, motivé par la brutalité de la répression franquiste et surtout par l’impunité irréversible dont elle a bénéficié, approfondit dans l'archéologie historique du franquisme basée sur la récupération esthétique des façades des maisons des plus hauts responsables du régime et de la répression que le franquisme a menée.

La première étape du projet a consisté à obtenir les actes de décès des personnes impliquées ainsi que les adresses des endroits où ils résidèrent avant leur mort. Puis, de chercher ces lieux en Espagne, de les identifier et de les photographier. Prat s’approprie une image qui, plus qu’un souvenir, est un dossier spatial et temporel d’un instant politique qui survit camouflé dans le fait historique et nous montre ces refuges cachés du pouvoir, qui survivent à la biographie de leurs propriétaires et hébergent, pour leurs successeurs, un lieu et les prébendes qui y sont associées.

L’auteur choisit de souligner avec perspicacité et subtilité l’absurdité sur laquelle s’échafaude l’histoire officielle. Un clair manifeste de rupture générationnelle – ceux qui n’ont pas vécu sous le régime – qui approfondit l’économie actuelle de l’expérience des signes et qui convertit les portraits du monde des vainqueurs à l’endroit même où est confronté le récit de ces vainqueurs qui, par consensus, ont garanti l’immunité de ce monde et sa permanence, ainsi que le silence des récits des vaincus.

Cette révision des postulats esthétiques du régime, symboliquement élémentaires comme une auto-représentation, à partir de ce qui est ouvertement visible de ses espaces d’intimité, suppose une tournure perverse, un visage B de son image, qui exerce à partir de la justice poétique un compromis avec les dettes du passé que le présent réclame encore. Une pratique culturelle critique qui se nourrit d’historiographie et des archives, liés à une production photographique rigoureuse qui utilise la photographie et sa fonction mnémotechnique en tant que dispositifs de contresens : la transmissibilité de la photographie en tant qu’actualisation disruptive et non comme continuité. À mi-chemin du langage visuel et de la narrative historique, cette fusion entre le discours politique et l’esthétique suppose un acte de responsabilité sémiotique avec l’optique, comprise comme point du fait photographique, mais aussi comme espace éthique d’approche du fait historique.

Avec le sous-titre de Saló de l’exili (Salon de l’exil), dans une exposition qui est présentée dans un lieu plein de signification car il s’agit d’un musée consacré à la mémoire historique de la Guerre civile et plus spécialement au phénomène concret de l’exil, l’auteur, par la disposition des pièces dans la salle, fait référence aux salons d’art de Paris des XVIIIe et XIXe siècles, comme origine du salon d’art du franquisme. De plus, le répertoire de l’exposition est complété par une sélection de matériel graphique et de communication des expositions précédentes et par une carte qui permet de situer les résidences dans l’État espagnol.

De même, El món dels vencedors (Le monde des vainqueurs), encore actif en tant que processus, adoptera des formats divers ou des sous-titres complémentaires afin de créer de nouvelles lectures et des dispositifs en fonction du degré de développement du projet et du contexte qui accueillera chaque exposition.  Un processus artistique ouvert qui est aussi un moyen historique provisoire : une manière de maintenir présente l’urgence de ce qui est encore en attente.

Ignasi Prat (Sant Esteve de Palautordera, 1981) Master en production et recherche artistique à l’Université de Barcelone, diplômé des Beaux-Arts par l’Université de Barcelone. Maîtrise en photographie à l’IDEP (École supérieure de l’Image et du Design). Diplôme supérieur en photographie par l’École GROC et spécialiste en photographie de voyage et d’auteur par l’IEFC (Institut d’Études photographiques de Catalogne). En partant de motivations politiques et de thèmes qui l’intéressent, son travail propose un discours politico-esthétique qui conjugue la conscience de la théorie culturelle et le domaine de la pratique photographique qui se concrétise surtout par des productions en série, bien qu’il utilise occasionnellement l'installation, réappropriation d’images, interventions dans l’espace public ou vidéo. Il a obtenu des bourses de BCN Producció, Vegap, Sala d’Art Jove, Can Felipa Arts Visuals, UNZIP de El Prat de Llobregat ou encore de l’Arxiu Comarcal Urgell et des prix tels que le prix Visionats du festival Photoalicante, le Prix d’Arts Plastiques Ciutat de Manacor, Jeune Création Européenne Biennale, le premier prix en photographie du Certamen Pancho Cossío de Santander, le second prix au Certamen Joven de Artes Plásticas de Grenade, le troisième prix du Certamen de Artes Plásticas Diputación provincial de Ourense ou le prix national de photographie València Crea.

Actuellement, c’est la galerie Addaya qui le représente et il a été mentionné dans la publication Arte español contemporáneo (1992-2013), éditée par La Fabrica sous la direction de Rafael Doctor.


Plus d'infos à:

www.elmundodelosvencedores.com